Coupe du monde : Paul Stridgeon, le préparateur physique à l'origine du succès gallois

Paul Stridgeon quand il est préparateur physique à Toulon (A. Martin/L'Équipe)

Paul Stridgeon, le préparateur physique anglais du pays de Galles, est un personnage loufoque, passé par Toulon entre 2014 et 2017, et qui a toujours réussi là où il est intervenu.

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Avec un brin de chance, si le pays de Galles l'emporte ce dimanche à Oita, et si l'Angleterre, surtout, a dominé l'Australie la veille, vous pourrez peut-être l'apercevoir, tard dans la nuit, grimper un poteau à la seule force de ses bras ou pourquoi pas escalader le mur d'enceinte du château de Funai, toujours sans l'usage de ses jambes, bien parallèle au sol, en équerre, les pieds tendus vers le ciel...

Il faut s'attendre à tout avec Paul Stridgeon, le préparateur physique anglais du pays de Galles. L'homme est un mariole, zigoto au grand coeur. Mais bien barré quand même... « Une saison, c'est long, nous confiait-il, le plus sérieusement du monde, lors de son passage à Toulon (2014-2017), et chaque séance réclame beaucoup d'énergie. Si les joueurs prennent du plaisir, on pourra obtenir d'eux des efforts maximums. Il faut travailler sérieusement, mais ne pas se prendre au sérieux. Après, suis-je fou ? Oui, je suis un peu fêlé... »

Il est né à Wigan, on l'appelle « Bobby » , comme le héros interprété par Adam Sandler dans Waterboy. «C'est Phil Greening, le talonneur des Wasps qui m'a donné ce surnom dès que je suis arrivé au club en 2002. Je portais les bouteilles, comme Bobby dans le film...» Bobby, donc, est ancien champion de lutte libre qui a représenté l'Angleterre lors des Jeux du Commonwealth, en 2002 à Manchester. Plus petit et plus léger que ses concurrents, il a subi la loi des grosses brutes et s'est dérouté du circuit. C'est lui qui la dicte aujourd'hui. Bobby a trente-huit ans et les Gallois ont beau bomber le torse, aucun n'a osé se mesurer à lui. Lors de la tournée des Lions en Australie en 2013, Graham Rowntree, l'adjoint de Warren Gatland avait, lui, relevé le défi sans plus de succès que l'ancien All Black Craig Dowd ou le massif pilier anglais Phil Vickery. «Je leur fais faire de la lutte entre eux, rigole-t-il, mais ils ont tous trop peur pour se mesurer à moi.»

« Le travail effectué par Paul en préparation physique est une part intégrante de nos succès » - Ian McGeechan, ancien coach des Wasps et des Lions

Tous vantent, en revanche, son énergie, son enthousiasme, son sens de la dérision. Et son extrême compétence. Ancien préparateur physique du XV de la Rose, il accompagne depuis 2009 les Lions Britanniques en tournée, et son passage dans le Var, en lieu et place de Steve Walsh, parti aux London Irish, n'a laissé personne indifférent. «Le travail effectué par Paul en préparation physique est une part intégrante de nos succès, assure Ian McGeechan, ancien coach écossais des Wasps et des Lions. Il a un bon caractère et il a contribué de manière significative à l'esprit et la complicité des groupes avec lesquels il a travaillé.»

Pas étonnant, alors, que Warren Gatland l'ait invité à rejoindre le pays de Galles en 2017 afin d'occuper un poste laissé vacant par Adam Beard, parti en NFL. Auparavant à Toulon il a connu le succès avec une Coupe d'Europe en 2015 (et deux finales perdues de Top 14 en 2016 et 2017)

Ce dimanche, Bobby va retrouver quelques vieilles connaissances, Thibault Giroud bien sûr, qui lui a succédé à Toulon, touche à tout comme lui, et le capitaine français Guilhem Guirado. Bobby a aimé son passage en France. « Ma famille, ça a toujours été les Wasps, nous confiait-il à l'époque. J'ai retrouvé le même esprit à Toulon. J'aime le travail intense et il y avait une bonne culture du travail là-bas. Je veux rester le plus longtemps possible. » Il s'exprimait, déjà, en Français - « normal, je suis JIFF » - assurait que son épouse et ses enfants se sentaient comme chez eux en France, et que la «folie» des Toulonnais lui plaisait bien...

publié le 17 octobre 2019 à 13h00 mis à jour le 17 octobre 2019 à 13h13
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LOURAVI le 17 octobre 2019 à 15h59

Et Simon ne l'a pas recruté celui là ?

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