Adidas met un frein à son club parisien d'athlétisme

Florian Carvalho fait partie des athlètes de haut niveau du club Adidas Runners Paris. (F. Mons/ L'Équipe)

La marque aux trois bandes va réduire considérablement son investissement dans son club Adidas Runners Paris, association qu'elle avait créée en 2017 pour faire émerger des athlètes issus de sa communauté dans la capitale.

Lancé en grande pompe à la rentrée 2017, le Adidas Runners Paris va déjà rentrer dans le rang. Le club affilié à la Fédération française d'athlétisme (FFA) - une première en France pour une marque - a même failli disparaître puisque le comité directeur piloté par la marque aux trois bandes a demandé la dissolution de l'association lors de son assemblée générale, fin août. Chose qu'ont refusée les adhérents, obligeant Adidas à poursuivre dans l'aventure malgré elle.

« Le club existe encore, affirme Sylvain Bouchès, le directeur de la marque en France. On avait proposé une dissolution du club parce que dans notre envie d'être performants, un club à notre nom se doit de l'être (Adidas ne peut pas légalement enlever son nom dans l'intitulé du club). La dissolution a été refusée. On se retrouve dans une situation où on a le club qui reste affilié à la FFA mais nous souhaitons mettre des moyens sur autre chose. »

« Il n'y a pas besoin du club » - Sylvain Bouchès, directeur d'Adidas France

Créé pour faire émerger des coureurs issus des communautés de runners dans la capitale, le club Adidas Runners Paris n'a jamais trouvé sa population, comptant 162 licenciés lors de la dernière saison (2018-2019). « On a créé le club avec la volonté d'accompagner les runners parisiens dans leur pratique, en les tirant vers le haut (coaching personnalisé, créneaux disponibles à l'INSEP), explique Sylvain Bouchès. Il y a des choses qui marchent très bien comme la communauté et les événements comme '' le 10k Paris'' ». Par contre, le club marche moins bien. Il y a de moins en moins de licenciés mais il y a surtout un énorme désengagement pour participer aux entraînements. L'année dernière, on était à 20 % de licenciés qui s'entraînaient régulièrement sur nos structures. On descend à 16 % cette année. Ce chiffre met clairement le doigt sur le fait qu'il n'y a pas besoin du club. Dans notre volonté d'accompagner le running à Paris, on se questionne sur l'investissement là-dedans. On se dit plutôt que de le mettre au service d'une petite partie d'individus, on préfère le réinvestir sur des programmes d'entraînement ouvert à tous (10 km, semi, marathon), se remettre dans une formule moins contraignante, gratuite, ouverte à tous, en gardant le côté communautaire d'Adidas Runners. »

Un retour au running, loin du socle fédéral, où les maillots blanc et noir siglés « ARP » (pour Adidas Runners Paris) ont d'ailleurs peu brillé par équipes lors des deux dernières saisons malgré la présence d'athlètes de renom comme le triple médaillé olympique Mahiedine Mekhissi et les marathoniens Hassan Chahdi et Florian Carvalho, ne décrochant qu'une médaille d'argent par équipes chez les femmes lors des derniers Championnats de France de cross long, loin des ambitions initiales.

La question de la présence au sein du club des athlètes de haut niveau sous contrat avec la marque (clause obligatoire lors des deux dernières saisons), comme c'est le cas de Mekhissi, Chahdi et Carvalho, sera d'ailleurs réglée cette semaine. Ils sauront s'ils peuvent s'engager avec un autre club tout en conservant leur contrat avec la marque aux trois bandes. Pour le reste, les « RP » continueront d'arpenter les courses, ou ce qu'il en reste, puisque les meilleurs membres amateurs ont déjà, pour la plupart, trouvé un nouveau club.

publié le 18 septembre 2019 à 10h00
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slhermitte31 le 18 septembre 2019 à 12h10

l adhésion etait surtout chère et répulsive

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